FAUX : L’administrateur judiciaire, “quand on a affaire à lui, c’est déjà trop tard pour son entreprise”

FAUX : L’administrateur judiciaire, “quand on a affaire à lui, c’est déjà trop tard pour son entreprise”

Entretien avec Aurélien Morel, Administrateur Judiciaire

Dans l’imaginaire collectif, l’administrateur judiciaire, c’est le croque-mort des entreprises. Pourtant, chez Wefinup, nous travaillons avec eux et nous n’avons pas le même constat : bien au contraire, c’est un allié de choix pour tous entrepreneurs.

L’administrateur judiciaire n’est ni plus ni moins qu’un outil à disposition des entrepreneurs, et ce, peu importe la taille de la structure : de la TPE-PME à la multinationale. Ce métier est mal perçu, il faut changer ça et c’est l’objectif de cet article que nous voulions volontairement très détaillé.

Fidèle à nous-même nous vous livrons avec transparence l’envers du décor. Pour ça, nous avons contacté plusieurs administrateurs. C’est ainsi que nous avons rencontré Aurélien MOREL, administrateur judiciaire. Il est revenu sur son métier et son rôle dans la préservation des entreprises : « Nous sommes une aide à la gouvernance, une  opportunité à saisir et parfois la dernière chance de s’en sortir …».

Un administrateur judiciaire, c’est quoi ?

Aurélien MOREL :L’administrateur judiciaire est ce que l’on appelle un mandataire de justice. Ce n’est ni un fonctionnaire, ni un agent de l’État, mais un professionnel indépendant. Il agit sous le contrôle du ministère public et des tribunaux qui le désignent. Sa mission peut être : 

  • Dans un cadre préventif d’assister le dirigeant d’une entreprise dans ses négociations avec son environnement économique (établissements financiers, principaux fournisseurs ou créanciers, actionnaires etc.),
  • Dans un cadre judiciaire de surveiller les opérations de gestion, d’assister le chef d’entreprise pour les actes concernant ces opérations ou encore d’assurer entièrement l’administration de l’entreprise.”

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Traduction : il est aux côtés du chef d’entreprise lorsque celui-ci rencontre des difficultés dans le cadre de son activité. Il l’assiste dans toute sorte de difficultés qui peuvent être financières, organisationnelles, structurelles ou conjoncturelles, liées à des événements extérieurs et imprévus, etc. L’administrateur judiciaire propose aussi des services de conseil aux entreprises fort de ses compétences financières et juridiques. Par exemple si le dirigeant est malade, ils peuvent intervenir en tant qu’administrateur provisoire et prendre les commandes de l’entreprise.

Aurélie

co-fondatrice

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Traduction : il est aux côtés du chef d’entreprise lorsque celui-ci rencontre des difficultés dans le cadre de son activité. Il l’assiste dans toute sorte de difficultés qui peuvent être financières, organisationnelles, structurelles ou conjoncturelles, liées à des événements extérieurs et imprévus, etc. L’administrateur judiciaire propose aussi des services de conseil aux entreprises fort de ses compétences financières et juridiques. Par exemple si le dirigeant est malade, ils peuvent intervenir en tant qu’administrateur provisoire et prendre les commandes de l’entreprise.

Aurélie

co-fondatrice

Ok … donc concrètement ?

Concrètement, l’administrateur judiciaire effectue plusieurs tâches : il prend connaissance de l’entreprise, de son activité et de son mode de fonctionnement. Il suit son activité et assiste le chef d’entreprise dans ses relations avec les tiers, en particulier avec ses fournisseurs et les principaux créanciers, que sont généralement les banques. Il assiste également le dirigeant lorsque des restructurations sociales doivent être mises en place. 

Aurélien MOREL : “Moi je ne suis pas là pour donner des leçons aux chefs d’entreprises, je ne suis pas un policier, ma mission c’est de valoriser le rebond et on part du principe, un peu à l’anglo-saxonne, que l’échec participera à la réussite future.”

Ainsi, il recherche des solutions de redressement et établit un bilan économique et social à l’attention du tribunal. L’administrateur judiciaire est généralement rattaché à un Tribunal de commerce mais sa compétence est nationale. Il peut intervenir partout en France pour traiter une procédure conciliation, mandat ad hoc (procédures dites préventives) ou de sauvegarde, redressement judiciaire (procédures dites collectives). 

En fait, l’administrateur judiciaire est une aide au chef d’entreprise pour lui permettre de surmonter ses difficultés. 

Cette aide se matérialise en 2 temps principalement : 

  1. La phase amiable : mandaté par les Présidents des Tribunaux, l’administrateur va négocier confidentiellement avec l’environnement économique de l’entreprise. 
  2. La phase judiciaire : lorsque les difficultés de l’entreprise sont plus prononcées et qu’une procédure amiable ne peut être envisagée. L’administrateur judiciaire sera alors désigné par le Tribunal dans le cadre d’une procédure de .ou de redressement avec pour principaux objectifs la poursuite de l’activité économique, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif.

Alors ? Le métier d’administrateur judiciaire, c'est plus clair pour vous ?

En fait, la principale mission d’un administrateur judiciaire est de permettre à l’entreprise qu’il administre de continuer à exercer son activité. C’est principalement mandaté par la justice qu’il exerce MAIS il peut également exercer une activité de consultation et de conseil dans ses domaines de compétences. 

ET ÇA c’est une super opportunité pour vous : l’administrateur judiciaire est un outil à votre disposition. Vous (devez) pouvez utiliser ses compétences transversales (juridiques + financière) pour faire fructifier votre business. D’autant que l’administrateur, tierce personne neutre et indépendante, est un allié de poids devant les banques durant les négociations (ou les renégociations)… 

Morale de l’histoire : “Mieux vaut prévenir que guérir” : contacter un administrateur judiciaire avant qu’il ne soit mandaté. C’est le médecin de votre entreprise : que ce soit en prévention ou dès lors que l’on détecte un symptôme, on doit le consulter afin de contrer la maladie au plus vite. 

En plus, contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’administrateur ne mange pas !

wefinup

Questions / Réponses ...

Aurélien est titulaire de l’examen d’aptitude à la profession d’Administrateur Judiciaire et a prêté serment en 2019. C’est en 2019 qu’il créé ASCAGNE AJ SO, son étude. Nous avons pu lui poser toutes les questions qui nous passaient par la tête et c’est une mine d’informations pour vous les chefs d’entreprise

Qui fait appel à l’administrateur judiciaire ?

Aurélien Morel :

  • les chefs d’entreprise eux-mêmes pour des missions de consultation et de conseil.
  • les conseils des entreprises, principalement avocats et experts-comptables 
  • les juridictions compétentes ou leur Président (le Tribunal de Commerce et Tribunal de Grande Instance).

Pourquoi se faire conseiller par un administrateur judiciaire plutôt qu’un conseiller d’entreprise ?

Aurélien Morel : Les administrateurs judiciaires ont une compétence juridique, économique et financière validée par des diplômes et des examens conjuguant théorie et pratique . Au-delà de ça, les administrateurs judiciaires sont désignés par décisions de justice (ordonnance des Présidents des tribunaux ou jugements des Tribunaux) ce qui donne un poids plus important lors des négociations économiques avec les créanciers tout en garantissant l’indépendance. . 

Enfin, nous sommes la seule profession reconnue qui “traite les difficultés d’entreprise” : on ne va pas seulement conseiller le chef d’entreprise mais surtout va traiter ces difficultés.

Quelle est, in fine, votre proposition de valeur en tant qu’administrateur judiciaire ?

Aurélien Morel : C’est tout simple et bien résumé par le slogan de ASCAGNE : “ensemble pour une seconde chance”, donc si la société s’est trompée dans son développement ou rencontre des difficultés, nous sommes là pour l’aider. Le cœur de métier d’un administrateur judiciaire, c’est l’assistance au dirigeant dans un contexte de difficultés de l’entreprise.

Comment êtes-vous désigné ?

Aurélien Morel : Il y’a 2 cas distincts mais je rappelle que les administrateurs judiciaires n’ont pas de « clientèle » : 

  • En phase amiable : soit le chef d’entreprise vient directement vers nous, soit les réseaux du chef d’entreprise vont les aiguiller. Nos principaux prescripteurs vont donc être les experts-comptables ou les avocats.
  • En phase judiciaire : désignation directe du tribunal.

Alors comment aidez-vous les sociétés en difficulté venant vous consulter ?

Aurélien Morel : Avec l’extraordinaire boîte à outil que nous offre le droit français et nos connaissances/expériences de gestion. C’est justement cette maîtrise de la législation en vigueur et notre expertise des situations de difficultés / crise  qui nous permettent de répondre à toutes les problématiques imaginables.

Je suis chef d’entreprise, je peux t'appeler demain pour une quelconque problématique financière alors ?

Aurélien MOREL : Bien Sûr ! D’ailleurs, 95 % des clients en difficulté financière qui nous appellent, devraient le faire quelques mois plus tôt : dès qu’ils ont détecté, soupçonné, un problème. 

Bien souvent, le chef d’entreprise rencontrant ou anticipant une impasse de trésorerie va arbitrer entre ses créanciers et fournisseurs afin de préserver son activité mais dès cet instant, du passif est créé (passif social, fiscal) alors qu’une renégociation d’ensemble doit être mise en place.

Mais pourquoi et quand travailler avec Wefinup ?

Aurélien MOREL : Et bien c’est hyper intéressant pour nous, surtout dans les procédures amiables lors des renégociations financières puisque les banques sont souvent sortantes et n’ont ni l’envie, ni l’intérêt de réinjecter des fonds dans l’entreprise en difficulté. C’est là que j’ai besoin de nouveaux outils et de nouvelles solutions de financements en alternative aux solutions bancaires traditionnelles.

Une illustration précise de ton métier avec un client ?

Aurélien MOREL : Prenons l’exemple d’une TPE/PME, c’était une entreprise présentant un endettement financier important. On l’a traité avec plusieurs restructurations dans le cadre d’une procédure conciliation : 

  • Gel des échéances bancaires : pour donner du temps à la société qui était en train d’atteindre son seuil de rentabilité. Ce qui lui a permis de démontrer à ses partenaires que son modèle économique fonctionnait.
  • Renégociation des contrats : dans ce cas, la société, grâce à l’arrivée d’investisseurs a pu, avec notre assistance, mener une négociation portant  sur la décotes des créances bancaires (moyennant un paiement cash).

Deux ans plus tard, la société a été cédée à un grand acteur du secteur permettant de pérenniser l’activité. 

Un autre exemple avec une TPE, cette fois une boulangerie qui avait des difficultés financières et qui n’arrivait pas à stabiliser son activité : instabilité des effectifs, difficultés à créer une équipe, fonds sous performant.  On a alors présenté un plan de redressement : tout le passif (les dettes) qui avait été accumulé à hauteur d’environ 500 000 euros, a été traité avec ce que nous permet la loi. Ici, c’était la possibilité d’étaler ce passif sur une durée de 10 ans. Suite à ce plan, l’entreprise est maintenant sortie d’affaire. 

Pour le chef d’entreprise, négocier un étalement de la sorte seul serait presque mission impossible. Seul un administrateur judiciaire en a les compétences car la case tribunal est obligatoire : C’est un juge qui va imposer des délais au créancier.

Avec ton expérience et du recul, quel(s) constat(s) fais-tu sur ton activité ?

Aurélien Morel : Il y’en a un particulièrement flagrant qui est la façon dont est perçu, en France, le dirigeant qui est en situation de crise. Il y’a parfois des répercussions graves sur sa vie personnelle alors que ça ne devrait jamais être le cas. 

L’écosystème est fait pour ça, et même si des associations comme 60 000 rebonds ou des dispositifs comme APESA existe, il faut continuer de prêcher la bonne parole. Notre volonté est de changer le regard sur l’échec entrepreneurial et au contraire de valoriser le rebond. 

Entre la machine judiciaire qui se met en route et le regard des autres ce n’est pas simple d’échouer en France, il faut avoir les épaules relativement larges pour tenir bon.

Une phrase type de tes clients chefs d’entreprises que tu aimerais ne pas entendre?

Aurélien Morel : Alors oui la première qui me vient à l’esprit c’est  “Je ne pensais pas qu’on pouvait faire ça”

Il y a beaucoup de société en difficultés financières alors même que le modèle économique est viable ou pourrait le devenir à court terme. Ce qu’oublie les chefs d’entreprise, est qu’ils peuvent nous solliciter afin que nous les accompagnions pour renégocier des dettes fournisseurs ou bancaires, étaler ces dettes, voir même dans certains cas obtenir des abandons de créances. 

Il faut toujours des solutions innovantes pour pouvoir rembourser un plan, donc parfois les plans sont assortis de cessions partielles mais la plupart du temps c’est la loi française (via le traitement différencié des créanciers) ou des outils alternatifs comme Wefinup qui nous offre beaucoup de possibilités.

Administrateur Judiciaire et Liquidateur Judiciaire c’est pareil ?

Aurélien Morel : Et non ! Les administrateurs et mandataires judiciaires sont des mandataires  de justice mais le rôle de l’administrateur judiciaire est de défendre les intérêts des entreprises qui font l’objet d’une procédure de redressement judiciaire ou d’une procédure de sauvegarde. 

A l’inverse le rôle du liquidateur  est de représenter les intérêts des créanciers de l’entreprise et de procéder à la vérification du passif. .

Administrateur Judiciaire et Mandataire Judiciaire c’est pareil ?

Aurélien Morel : Non plus ! Je suis Administrateur judiciaire et non mandataire judiciaire, par contre nous intervenons tous deux dans le cadre des procédures de sauvegarde ou redressement : l’administrateur judiciaire, à l’aide du dirigeant, doit trouver une solution pour pérenniser l’activité tandis que le mandataire judiciaire sera chargé de la vérification du passif et de la représentation des créanciers.

Et si on parlait prix/tarifs ?

Aurélien Morel : Pas de soucis ! C’est simple et transparent : 

  • En phase amiable c’est un taux horaire (environ 230 euros) avec un Success Fees qui dépend de la taille de la structure. Il y’a un plafond fixé dès le début pour que le dirigeant est une visibilité sur ce que ça lui coûterait. Nous avons aussi un logiciel qui permet au dirigeant, en temps réel, de suivre sa consommation d’heure.
  • En phase judiciaire c’est fixé par décret (nous avons un simulateur sur notre site qui permet aux chefs d’entreprise de savoir à l’avance combien coûte l’intervention). 

De toute façon c’est gagnant-gagnant : notre intervention est assez incitative puisque nos honoraires dépendent de la sortie, positive ou négative, de la procédure.

Démystification !

On se retrouve pour l’ultime partie : “démystification”. Cette fois on ne parle plus (ou peu) de justice ou de chiffres. On peut enfin se lâcher et poser les questions que la terre entière se pose. 

Que se cache t-il derrière cet étrange espèce humanoïde, sorcier des procédures de sauvegarde et grand guru des redressements judiciaire ?

Retranscription de l’interview : 

Bonjour Aurélien, nous avons fait plus ample connaissance dans la partie 1 et la partie 2. Mais cette fois nous voulons en savoir un peu plus sur toi. Par simple curiosité. 

Q – Chez wefinup on aime bien simplifier les choses donc commençons de suite … alors … Paris ou Bordeaux ?

R – Aurélien Morel : Bordeaux, sans hésitation !

Q – Et toi alors .. en tant qu’administrateur judiciaire mais aussi entrepreneur qu’est-ce qu’il y’a sur ta table de chevet ?

R – Un code de commerce évidemment !

Q – Tu suis qui sur instagram ? sur LinkedIn ? 

R – Malheureusement personne d’extraordinaire (hormis Wefinup 😁), je n’ai pas de comptes Instagram et j’utilise uniquement LinkedIn : suivi d’experts du droit et du chiffres, financiers, économistes, fonds de retournement, magazine spécialisé restructuring, etc.

Q – Qu’est-ce que tu dis quand tu te cognes un orteil ? 

R – Aïe !

Q – Tu es plutôt lève-tôt ou couche-tard ? 

R – Couche-tard

Q – Lundi ou Vendredi ?

R – Vendredi

Q – Nous voulons en savoir plus sur ta philosophie et ton développement personnel. Si l’on te demande “Passé” ou “Futur” tu nous réponds ?

R – Futur, puisqu’il dépend de nos agissements présents et que nous pouvons l’influencer.

Q – “Action” ou “Réaction” ?

R – Réaction ET action

Q – Et pour finir : Au revoir ou Ciao ? 

R – Arrivederci !

D’après notre enquête synthétisée dans cet article, nous vous livrons notre conclusion  : 

Après relecture et interprétation de l’interview avec l’ensemble de l’équipe Wefinup, il semblerait que l’Administrateur Judiciaire (mâle ou femelle) appartient belle et bien à l’espèce animale mammifère de la famille des hominidés, aussi appelé “espèce humaine” ou “Homo sapiens”, vivant en société, caractérisé par une intelligence développée et un langage articulé. 

Vous voilà donc rassurés, n’est-ce pas ?

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Rédaction / Édition : Valentin Amelineau

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